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L’origine templière de la seigneurie lui vaudra, à la suppression de l’ordre des Templiers, de passer à l’ordre des hospitaliers de St Jean de Jérusalem. Ces ordres religieux dont la création, à l’époque des croisades, avait permis de maintenir l’implantation chrétienne en zone musulmane s’étaient spécialisés dans l’accueil des seigneurs et de leurs troupes partant vers Jérusalem puis des pélerins le long des itinéraires menant plus tard vers St Jacques de Compostelle. Profitant des dons assurés par les seigneurs de passage et les seigneurs locaux plus enclins à assurer leur pardon dans l’au-delà sous forme financière plutôt que par un comportement irréprochable, ces ordres qui vivaient d’aumônes à leur début devinrent riches et aussi puissants que le roi de France. Celui-ci fut donc contraint de supprimer l’ordre du Temple en 1312 et d’en faire disparaître les responsables comme le Grand Maître Jacques de Molay en 1314. Comme toutes les commanderies de la région, celle de La Villedieu était rattachée au grand Prieuré d’Aquitaine qui en comptait 65. A l’origine, chaque commanderie était affectée à un chevalier qui s’était illustré au cours d’une croisade. Plus tard, les affectations eurent d’autres origines plus mercantiles. Les revenus attachés à la commanderie sont réservés au commandeur mais celui-ci doit en verser une part à l’ordre (1/5 à 1/3) et entretenir ou améliorer les propriétés. Afin d’assurer une surveillance, le Grand Prieur ordonne des visites. Ces enquêtes très précises sont assurées avec l’aide d’hommes de loi et portent sur l’amélioration des domaines, le service divin, les ventes de bois, la conservation des meubles d’Etat attachés aux propriétés. Des personnes locales peuvent être interrogées. A chaque changement de commandeur, l’ordre procédait à un inventaire. Il était parfois nécessaire de procéder à la révision des droits seigneuriaux sur les terres en confectionnant un papier terrier ancêtre du cadastre. Nous aurons l’occasion de reparler de ceux du Fort élaborés en 1614 et 1749.
En 1251, Le Fort est mentionné comme résidence dépendant de la commanderie des Templiers. L’appellation actuelle du lotissement « les justices » implanté au début des années 1980, indique le lieu où le seigneur local appliquait les différentes justices. Les archives mentionnent que « la seigneurie du Fort est en droit de haute, basse et moyenne justice ayant ses officiers savoir sénéchal, procureur fiscal et greffier » (1). La basse justice concernait les délits n’entraînant pas d’amendes supérieures à 60 sols mais elle avait une très grande importance dans la vie quotidienne des paysans. Les délits entraînant amendes jusqu’à 75 sols mais aussi de légères corrections corporelles et des bannissements temporels relevaient de la moyenne justice. Le seigneur exerçant la moyenne justice devait entretenir un local pour les procès, un lieu de punition et une prison avec un geôlier. La haute justice attribuait au seigneur détenteur les droits aux peines les plus lourdes et la possibilité de faire appliquer ces peines en place publique à l’aide des fourches patibulaires (gibet ou potence), du pilori (machine sur laquelle on attachait le pétinent pour l’exposer) et des échelles et carcans (collier de fer attaché à un poteau pour maintenir une personne punie).
A ces droits s’ajoutaient les banalités qui étaient les obligations d’utiliser les moulins, fours et puits appartenant au seigneur moyennant rétribution. La commanderie de Roche-Villedieu possédait, en plus du château du Fort, les trois métairies annexées au château, le four banal de La Villedieu, la métairie des Cartes, le moulin de l’Hôpitault et sa métairie, la commanderie de Beauvoir (actuellement sur Mignaloux) et sa métairie et d’autres possessions plus éloignées. Le commandeur nommait le curé de La Villedieu et lui payait la portion congrüe (selon les apparences) c’est à dire qu’il rétribuait le curé qu’il avait nommé. Le château du Fort servait de résidence au commandeur lorsqu’il séjournait dans la région. L’étude des archives montre que la résidence connut des périodes sombres où le commandeur ne venait jamais et, en conséquence, n’assurait aucunement l’entretien du château. Régulièrement, un expert et un notaire étaient mandatés pour assurer la visite, relever l’état des lieux et noter les travaux à entreprendre. C’est ainsi que nous retrouvons la description des lieux en 1647, 1649, 1668, 1678, 1695, 1721, 1747, 1751, 1774, 1783. Les deux premières dates mentionnent un château et des bâtiments annexes en ruines. 1660 fut le début du renouveau, mention en est faite sur le linteau de la porte de la chapelle. Le commandeur de l’époque, Louis de Torchard de la Panne (successeur d’Emanuel Gillier de Puygareau) semble être à l’initiative des réparations car il sollicite du grand Prieur d’Aquitaine l’autorisation d’abattre des arbres pour servir de bois d’œuvre.
Durant la guerre de 100 ans, le commandeur de l’époque, Alain Lemoine, avait obtenu du roi de France Charles VII la possibilité de fortifier sa résidence « pour assurer sa sûreté, celle de ses biens et pour préserver ses sujets des pilleries des gens d’armes et de guerre », autorisation accordée en mars 1448 pour « clore de fossés, murailles, pont-levis, tours, créneaux et mâchicoulis » le château. Cette appellation proviendrait donc de cette période. Le porche actuel porte un blason de l’ordre de Malte datant de 1660. Aucun autre vestige ne vient confirmer cette demande et l’acceptation du roi.
Composé d’un corps de bâtiment rectangulaire à deux niveaux avec toit à deux pans datant du 17ème, le château est doté au sud de 2 tours carrées à 3 niveaux. L’autre extrémité a aussi été dotée, au 19ème, de 2 tours formant un retour d’équerre par rapport au corps principal. La visite des sous sols m’avait permis de constater que les soubassements ne correspondaient pas dans leur orientation au corps de bâtiment principal. Une construction plus ancienne a donc précédé l’actuelle. Une grosse pierre de taille d’encadrement de porte réutilisée lors d’un aménagement des bâtiments d’une métairie porte gravée les instruments emblèmes de l’ordre des Templiers : le compas, l’équerre et le niveau confortant ainsi l’idée d’une première utilisation par les Templiers
(1) Archives départementales de la Vienne : 3 H 1/910

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