Suivi d'un échange sur le forum GE86

Sarah Marlatt 

J'ay soussigné certifie a tous quil appartiend ( ) publie de trois mois en trois mois cet année 1748 aux prosnes de mes messes paroissiales l'ordonnance du Roy Henry 2 du mois de fevrier 1556 concernant les femmes et filles qui veulent leur grossesse et enfantement conformement a la declaration du roy du 25 fevrier 1708 comme aussi les arrest de la cour de parlement qui condamne la nommée Tolleron, servante du village de Marolle baillage de Sancerre au fouet et a la fleur de lys...et ensemble l'autre qui condamne la nommée Françoise Roche a estre pendue pour avoir cele sa grossesse et son enfantement dont elle est accouchée. L'un des dits arrest du 16 mars 1731. L'autre du 7 mars 1744. A Neons ce 29 decembre1748. Masson, curé de Néons.

Et ça continue...

Gloria Godard

Jusque là nous avions mention dans les registres de cette loi de 1708, mais c'est la première fois que nous découvrons les terribles châtiments subis parcelles qui refusèrent de s'y plier. Merci pour cet acte précieux.
Amicalement.
Gloria

Roseline Skott

Sur l'acte trouvé par Sarah, la première loi( édit) de 1556 sous Henri II est citée. En suivront d'autres, celle de 1586 sous Henri III( édit) puis les ordonnances de de 1708 et de 1731.
Dès 1556 il est dit, selon l'édit:
"... que toute femme qui se trouvera deuement atteinte et convaincue d'avoir célé, couvert ou occulté, tant sa grossesse que son enfantement, sans avoir déclaré l'un ou l'autre , et avoir prins de l'un ou de l'autre tesmoignage suffisant. mesme de la vie ou mort de son enfant lors de l'issue de son ventre, et après se trouve l'enfant avoir esté privé, tant du saint sacrement de baptesme, que sépulture publique et accoustumée, soit telle femme tenue et réputée d'avoir homicidée son enfant. Et pour réparation punie de mort et dernier supplice, et telle rigueur que la qualité particulière du cas le méritera.."
En 1586, Henri III ordonne que cet édit soit régulièrement  lu au prône des messes paroissiales tous les 3 mois par les curés ou vicaires. Les autres ordonnances réitèrent ces édits (==> explique le début de l'acte cité par Sarah)
Au XIXème, rien ne changera, toujours de nombreux infanticides, et s'ils sont découverts, c'est le bagne dans la plupart des cas..
Quant à la liste noire des avortements...Il ne faut pas se faire d'illusions,elle doit être longue.. les AGM ou GM nées fin XIX/début XXème avaient "leur méthode" avec tous les risques possibles......
Amicalement
Roseline

Gloria Godard

Pour compléter, trois autres actes illustrant le sujet :

1- ADV Chiré en Montreuil BMS 1767-1774 page 87, 88, 89.
Radegonde Fournier enceinte de 7 à 8 mois de Jean Toullet, garde chez lequel elle fut domestique.Acte établi pour faire valoir et servir ce que de droit :
frais de "gésine", dommages etc...
Où l'on voit que le nom du père est indiqué et que des devoirs lui incombent.

2 - ADV Usson du Poitou BMS 1778-1787 page 61 : naissance d'un enfant de mère célibataire ayant fait une déclaration de grossesse. Le père, dont l'accouchée était la servante,est décédé pendant la grossesse et elle demande que l'enfant soit à la charge de la succession.

3 - 14 janvier 1741 à Saint-Saviol (86400), FRANCE
J'ai, prieur curé soussigné certifie à Monsieur le procureur du roi du Siège royal et Sénéchaussée de Civray avoir lu et publié au prône de notre messe paroissiale, et cela de trois mois en trois mois, l'arrêt de lui signé ensemble l'arrêt du parlement rendu en conséquence contre les femmes qui scellent leur grossesse par mauvais endroits. Dont acte - A Saint-Saviol, ce quatorze janvier mil sept cent soixante un. Brumeau, prieur curé de St Saviol.
(BMS - 1743-1764, pp. 67-68)
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A savoir, durant la période révolutionnaire que j'ai dépouillée : Il est une chose des peines encourues et autre chose des peines infligées.

  • Aucun procès d'avortement ou d'avorteuse.
  • Très peu de condamnation en cas d'inculpation d'infanticide. Le fait d'avoir déclaré la grossesse fait partie des éléments à décharge, le fait d'accoucher seule est un facteur à charge.
  • Le père déclaré ou pas, n'est jamais inquiété dans les procédures, rarement interrogé, jamais impliqué.


Les choses vont changer au cours du XIXème, les procès de la Cour d'Assises le montrent. Progressivement ou pas ? Je ne sais pas. En regardant rapidement le fichier des procédures de Cour d'Assises de Poitiers en ligne, j'ai l'impression que les procès se multiplient à partir de 1835. Les procès pour infanticide représentent 6% des dossiers.
Amicalement à tous.
Gloria.

Claude Machon

Cet acte me touche car je descends par mon père d'une famille Machon de Néoux dans la Creuse. Je ne crois pas que néon existe dans ce coin perdu...
Deux anecdotes : lors de ma visite sur les traces de mon géniteur, sur la place du village, un monument aux morts de la grande guerre avec un JULES MACHON; Mon père était menuisier et se faisait appelé Jules en souvenir de son oncle alors que son prénom était André.
Il m'avait parlé du lieu-dit de sa naissance : Le Bezut. Nous nous y sommes rendus en voiture vers 1970. C'était le bout du monde, des arbres centenaires agités par un fort vent. Des chiens criards et une personne âgée sortie tout droit de Blanche Neige (la sorcière) qui est venue jusqu'à nous flanquée de son molosse.
A ma demande :"Y avait-il des Machon qui habitaient là ? Elle m'a aimablement répondu :"Oh oui, il y a longtemps ! Ils sont partis. Ils n'ont pas laissé que de bons souvenirs..."
Nous sommes rentés dans la Vienne sans demander notre reste !
Amicalement
Claude

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